Appel à candidatures au renouvellement du tiers sortant du comité de la SHF
 
Conformément aux statuts de la SHF, chaque année le tiers du comité est appelé à renouvellement.
Le comité de la SHF tient à souligner l'importance de ce renouvellement qui est une garantie de la représentativité et du fonctionnement démocratique de notre société. Être membre du comité de la SHF, c'est promouvoir l'enseignement et la recherche dans le domaine des langues ibériques, c'est œuvrer à la solidarité de l'hispanisme français et à sa défense, c'est enfin contribuer à une meilleure communication et à une meilleure connaissance entre collègues. Faire acte de candidature au comité de la SHF implique une participation régulière aux réunions et aux travaux du comité ; c'est aussi prendre part aux tâches inhérentes à la vie de la société.
Les candidats aux élections 2020 sont invités à se faire connaître auprès de la secrétaire générale avant le par courrier électronique à :
Outre leur université d'appartenance, leur grade et leur domaine de spécialité, il est demandé aux membres faisant acte de candidature de rédiger quelques lignes de présentation (moins de 1200 caractères espaces comprises), indiquant leur motivation pour agir au sein du Comité de la SHF. Le but recherché est de personnaliser davantage ces élections tout en permettant aux votants de mieux connaître les collègues à élire.
 
Rappel de la procédure et du calendrier
- Déclaration de candidatures : envoi à Laurie-Anne Laget jusqu’au 14 septembre 2020
- Affichage de la liste des candidats et des professions de foi sur la page d'accueil du site le 15 septembre 2020
- Le vote aura lieu par voie électronique sur la partie spécialement destinée à cette fonction du site de la SHF entre le 15 septembre et le 15 octobre 2020.
- Pour pouvoir voter, il faut être à jour de sa cotisation.
- Le dépouillement se fera le 16 octobre et les résultats seront proclamés lors de la réunion du Comité qui aura lieu au Colegio de España le samedi 17 octobre 2020.
 
Toutes les informations précises sont consignées dans le document suivant
 

Hasta esta triste tarde de abril en la que saltó a la pantalla de mi computadora la increíble noticia del fallecimiento de nuestro colega y amigo Venko, el 17 del mismo mes, la palabra Paradiso evocaba esencialmente para mí picantes y jocosos pensamientos. Acababa de releer, vaya a saberse por qué, el legendariamente escandaloso capítulo VIII de la célebre novela. Pero hoy ya no me divierten las andanzas de Godofredo el Malo, Fronesis y José Cemí. En adelante Paradiso estará emocionalmente relacionado con la persona de Venko, decorado en el 2016, en Cuba, con la Moneda Conmemorativa «Centenario de José Lezama Lima», en el marco del Coloquio Internacional «Pensamientos en La Habana a 50 años de Paradiso». De esta recompensa de la que estaba discretamente orgulloso, y de Cuba, hablamos un día, tardíamente, por teléfono, evocando con placer recuerdos comunes del Vedado, de la ampulosa Escalinata de la Facultad de Letras, de Copelia, del ICAIC, de la Casa de las Américas, de mil cosas entrañables de esta Cuba en la que se había formado de joven.
Venko Kanev, nacido en Bulgaria en 1942, era doctor en literatura hispanoamericana, graduado de la Universidad de La Habana y del Instituto de Literatura de Bogotá. Radicado en Francia desde hacía mucho, plenamente integrado en la sociedad francesa, enseñó primero en el colegio antes de ingresar en la Universidad. Profesor emérito en literatura y civilización de América Latina, enseñó en varias universidades (París, fugazmente, Poitiers, y Rouen ) con una dedicación, una generosidad y un humanismo ante los cuales se inclinan todos sus colegas. Poco afín a consensos insulsos, no veía con malos ojos los animados intercambios de ideas, las discusiones, los debates, y hasta las vivificantes polémicas que honran la vida universitaria.
Venko Kanev se dedicó con pasión a su labor de investigación y con empatía al acompañamiento de sus doctorandos. Se mostró fiel hasta el final a los múltiples centros de estudios hispanoamericanos a los que perteneció en las diversas etapas de su carrera universitaria. Siguió colaborando con sus colegas parisinos del CRICCAL, con el ERIAC ruanés y su fraternal equipo, con nuestra universidad de Poitiers y su centro de investigación, el CRLA. Sus asedios a la literatura hispanoamericana fueron muy numerosos y siempre enjundiosos. También fue responsable de la edición en búlgaro del Monde diplomatique.
Venko Kanev nos ha dejado, así como su esposa, segados ambos por la covid-19. Nos solidarizamos con el dolor de su hijo y su nieto a quienes queremos expresar nuestras sinceras condolencias. No olvidaremos al colega, al amigo, al compañero : activo, vital, comprometido. Más que un profesor universitario, Venko Kanev era —tal vez convenga la expresión— un « ciudadano del mundo ».
Maryse Renaud

 

C’est avec une immense tristesse que nous vous communiquons le décès de notre collègue et Professeur émérite en littérature et civilisation de l’Amérique latine Венко Кънев / Venko Kanev.

Il est parti ce matin du dix-sept avril, après avoir passé douze longs jours en réanimation dans un hôpital parisien. Il nous a dit adieu dans un touchant message où il se remémorait de bons souvenirs de sa carrière en France.
Ce n’est ni le lieu ni le moment pour rendre compte ici de ses considérables travaux scientifiques, de ses écrits et de ses activités de tout type, auxquels il s’est consacré aussi bien au sein de l’Eriac qu’à l’extérieur, et également dans notre Département.

Il a été un grand enseignant, un généreux directeur de nombreux mémoires, thèses et HDR et un collègue très apprécié.

De sa dernière contribution, il nous a laissé cet enregistrement où il nous apprend beaucoup de choses, cette fois sur la Bulgarie, sa terre natale. Pour se souvenir de lui et continuer à le voir et à l’écouter : https://webtv.univ-rouen.fr/videos/venko-kanev-universite-de-rouen-la-concepcion-de-la-democracia-en-siglo-y-medio-en-bulgaria/ 

Engagement, fidélité et clairvoyance étaient des qualités, parmi tant d’autres de Venko, lui qui va profondément nous manquer.

Nous nous joignons à la douleur de ses autres amis et de sa famille, et en particulier de son fils et de son petit-fils, dont la mère et la grand-mère, Nuri, est décédée dans les mêmes circonstances. C’est terrible.

Lise Demeyer
Livia Escobar
Xavier Rabassò
José Vicente Lozano


Mme Roselyne Mogin-Martin, PR honoraire à l’Université d’Angers et Vice-Présidente de l'Association des Professeurs de Langues Vivantes, nous communique le texte du courrier que l'association adresse au Premier Ministre, ainsi qu’à la Ministre de l’enseignement supérieur. 
 
Les deux textes du 3 avril 2020 publiés au Journal Officiel du 5 avril constituent les deux volets d’un même projet. Le premier, un décret émanant du premier ministre, subordonne l’obtention du BTS à une certification du niveau en anglais des candidats (1). Le second, un arrêté émanant de la ministre de l’Enseignement Supérieur, porte sur les certifications en langue dans le cadre des licences, licences professionnelles et DUT (2). Ces textes visent à mettre en œuvre la certification en anglais présentée par le premier ministre dans son discours à Croix le 23 février 2018 et reprise dans le projet de loi de finance de l’enseignement supérieur 2020. Ce dispositif a été chiffré à 3,1 M€ pour 38 000 étudiants à la rentrée 2020 et prévoyait une généralisation à l’ensemble des 400 000 étudiants du pays à la rentrée 2022.
 
Cette certification en anglais représentera donc à partir de la rentrée 2022 une facture annuelle de plus de 32 millions d’euros. On peut s’interroger sur l’intérêt de cette dépense conséquente, surtout dans la période actuelle d’augmentation du déficit de l’Etat.
 
Subordonner l’obtention d’un diplôme à la passation d’une certification extérieure pose de nombreux problèmes :
 
1. Dans son discours, le premier ministre déclarait :
« A terme, chaque étudiant […] au plus tard en fin de licence aura passé un test de type Cambridge, IELTS, financé par l’Etat, et qui donnera donc un niveau reconnu partout à l’étranger ».
Les examinateurs recrutés par des prestataires extérieurs ne sont pas soumis aux mêmes exigences déontologiques que les professeurs de l’Etat, et les contestations de notes par les candidats ou les demandes d’explications seront impossibles.
 
2. L’évaluation des capacités des candidats aux examens fait partie des obligations de service des professeurs de l’Education Nationale, qui sont formés à cette tâche. Les professeurs de langue du secondaire (qui enseignent en BTS) comme ceux du supérieur utilisent aujourd’hui le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues et c’est en fonction de ce CECRL qu’ils évaluent les candidats dans le cadre de jurys d’examen. Ils sont donc à même de valider ou non l’acquisition d’un niveau de langue par les étudiants. Par ailleurs, l’université française a développé ses propres certifications, comme le certificat de compétences en langues pour l’enseignement supérieur (CLES), qui certifie les compétences opérationnelles en langues non natives sur la base du CECRL (allemand, anglais, espagnol, italien, portugais, etc.). Il s’adresse aux étudiants engagés dans un cursus diplômant du supérieur, teste toutes les activités langagières, de compréhension et de production, orales et écrites, et ne demande qu’à être mieux reconnu à l’international.
 
3. Au plan pédagogique, subordonner l’obtention d’un diplôme à une certification en langue anglaise aura inévitablement un effet sur le travail des étudiants en cours d’anglais. L’Education Nationale, du primaire à l’université, enseigne toutes les langues dans le cadre d’une réflexion culturelle et humaniste. Réduire l’anglais à un système linguistique et à un outil de communication utilitaire revient à priver les étudiants de cette réflexion indispensable. Pourquoi travailleraient-ils les thématiques du programme de leur lycée, de leur IUT ou de leur université, pourquoi feraient-ils l’effort d’acquérir les méthodes de travail préconisées par leurs enseignants s’ils savent que la réussite à l’examen qu’ils préparent est subordonnée à un test de langue inspiré par d’autres critères et ayant d’autres contenus ?
 
4. Les tests anglo-saxons (IELTS, TOEIC, TOEFL) ont une durée de validité de deux ans. C’est-à-dire que les imposer au niveau bac + 2 ou bac + 3 n’a, pour tous les étudiants qui envisagent une poursuite d’études au-delà du BTS, du DUT ou de la licence, aucun sens. On ne comprend pas comment l’Etat peut justifier la dépense de millions d’euros chaque année pour ces milliers d’étudiants qui n’ont pas le projet d’une entrée immédiate sur le marché du travail.
 
5. Le dernier point contestable est que les étudiants de BTS, d’IUT ou de licence professionnelle n’auront pas le choix de la langue vivante qu’ils devront certifier. Cette langue sera obligatoirement l’anglais. Il est inacceptable de réserver à cette langue un traitement spécifique, parce que, pour commercer à l’international, l’anglais ne suffit pas et que l’aisance dans d’autres langues, celles de nos partenaires européens les plus importants et, au-delà, celles d’autres pays avec qui le commerce est appelé à se développer, est un atout qui rend les jeunes techniciens, ingénieurs, commerciaux, etc., bien plus employables.
Les étudiants de licence pourront, semble-t-il, obtenir des certifications de leur niveau dans d’autres langues que l’anglais, mais le décret ne précise pas qui financera ces certifications-là : de toute manière, que ce soit les étudiants eux-mêmes ou leurs universités, le coût risque d’être dans la majorité des cas dissuasif.
 
Pour ces différentes raisons, imposer une certification de leur niveau en anglais aux étudiants de BTS, DUT, licence et licence professionnelle est en fait une très mauvaise idée, de surcroît très coûteuse. L’APLV a exprimé, dès le 7 mars 2018, son désaccord avec les propositions du premier ministre (https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article6933) et récemment son opposition aux deux décrets (https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article8085 et https://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article8086). Nous demandons encore une fois aujourd’hui au premier ministre et à la ministre de l’Enseignement Supérieur de retirer les deux textes publiés le 5 avril au Journal Officiel.
 
(1)   Décret n° 2020-398 du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidats à l'examen du brevet de technicien supérieur et modifiant le code de l'éducation.
(2)   Arrêté du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidats inscrits aux diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et au diplôme universitaire de technologie.
 

En pleine crise sanitaire du COVID-19, en dépit de l’annonce du gouvernement de la suspension de tout projet de réforme, et de la prise de conscience collective de l’importance de maintenir un service public capable de répondre aux besoins de la population, la Société des Hispanistes Français prend connaissance de l’arrêté daté du 3 avril 2020 rendant obligatoire pour la délivrance de toute licence générale, une certification en langue étrangère, réalisée, dans le cas de l'anglais,  sous la forme d’une « évaluation externe ».

Comme les autres sociétés savantes de langues et cultures étrangères réunies au sein du GALET, la Société des Hispanistes Français  a rejeté explicitement, dès la fin octobre 2019, le projet de certification des langues par des organismes privés, tout en s'élevant simultanément contre toute vision monolinguiste des langues étrangères. 

Cette certification serait confiée à un organisme privé, aux frais du ministère et au mépris de la certification gratuite en langues déjà en place dans l’enseignement supérieur (CLES). Les membres de la la Société des Hispanistes Français perçoivent cette mesure comme une nouvelle façon de jeter le discrédit sur l’université publique et sur les compétences des enseignants en langues. Le caractère extérieur de cette évaluation ne traduit pas un souci de neutralité mais la volonté de prolonger la stratégie de destruction des services publics.

La Société des Hispanistes Français dénonce avec force :

la logique de privatisation qui préside encore une fois aux mesures adoptées par le gouvernement, 

le mépris des dispositifs publics existants et des préconisations déjà largement exprimées en matière de politique linguistique et de plurilinguisme, 

l’indifférence à l’égard des salariés du service public en général et de la communauté universitaire. 

La Société des Hispanistes Français demande que les fonds publics soient utilisés dans le renforcement du Certificat de compétences en langues de l'enseignement supérieur (CLES), une structure déjà en place dans les universités françaises.


 

Session 2020 du Concours des bourses SHF - Résultats
 
Trois bourses étaient offertes pour la session 2020.Le classement définitif, approuvé ensuite par les votants, est le suivant :
1. Marta Noguera : "Écrire pour soi. Les carnets de l’écrivain dans la littérature espagnole contemporaine", sous la direction de madame la professeure Zoraida Carandell (Université de Paris-Nanterre).
2. Marion Duchesne : "Fils de roi, frère de roi, jamais roi ? Le frère du roi dans la réflexion politique en Espagne : le cas des infants Charles et Ferdinand de Habsbourg (1607-1632)", sous la direction de madame la professeure Alexandra Merle (Université de Caen Normandie).
3. Laure Pérez : "Femmes au travail dans les productions audiovisuelles de la Révolution cubaine 1959-1991. De l'espace domestique à l'espace public ?", sous la direction de madame la professeure Nancy Berthier (Sorbonne Université).
Liste d'attente :
- Amalia Desbrest : "La première traduction complète en castillan des Héroïdes d’Ovide (ms. 5-5-16 de la Bibliothèque Colombine de Séville) : étude et édition critique", sous la direction conjointe de monsieur le professeur Carlos Heusch (ENS de Lyon), et de madame la professeure Irene Salvo García (Université Autonome de Madrid).
- Vicente López Clemente : "Genres, nation et militantisme. L’engagement social et politique des militaires au sein des Armées espagnoles de 2011 à nos jours", sous la direction de mesdames les professeures Karine Bergès (Paris-Est Créteil) et Julie Amiot (Cergy Pontoise).
 
Le comité des sages de la SHF, présidé par monsieur le professeur Bernard Darbord, tient à souligner l'exceptionnelle qualité des neuf dossiers qui lui ont été soumis. Il souhaite aux candidates et candidats une excellente continuation des travaux doctoraux entrepris.
 
Information-COVID : dans les circonstances particulières actuelles, liées à la pandémie et à la difficulté d'effectuer des déplacements jusqu'à une date encore non connue, le comité des Sages, en accord avec le Bureau de la SHF, donne aux lauréat.e.s la possibilité de réaliser leur séjour de recherche jusqu'au 31 mars 2021. Les lauréat.e.s seront contacté.e.s par le trésorier de la SHF, M. Xavier Escudero.
N. Mékouar-Hertzberg, Vice-Présidente SHF - Bourses

La SHF, en collaboration avec le Centre d'Etudes Catalanes et le CRIMIC de Sorbonne Université, a organisé en janvier 2020 une journée d'étude inter-options (programme options agrégation externe d'espagnol, sessions 2020 et 2021).

Vous pourrez accéder à tous les enregistrements en cliquant sur le lien suivant.


Robert Basterra, Inspecteur général d’espagnol honoraire, est décédé le 29 janvier 2020. Il avait atteint quelques jour plus tôt l’âge de 90 ans.
Né à Gan, au pied des Pyrénées, il devint professeur d’espagnol certifié en 1957, puis agrégé en 1960. Nommé Inspecteur pédagogique régional en 1967, il fut successivement affecté dans l’académie de Bordeaux, dans celle de Nantes en 1970 et enfin à Paris en 1972. En 1978, il fut nommé Inspecteur général.
Mais il faut aller au-delà de ces repères administratifs pour mesurer l’importance de son rôle dans l’histoire de la discipline.
Caminos del idioma, collection lancée en 1987, a profondément et durablement marqué toute une génération de professeurs d’espagnol du second degré. Sous sa direction, ces manuels engagèrent une véritable refondation de l’enseignement de la discipline au moment même où les effectifs des élèves entamaient une progression sans précédent. Le succès auprès des enseignants devait se poursuivre avec la collection Gran Vía en 1992, qui approfondissait et enrichissait la perspective ouverte.
Pour la résumer d’un mot, il s’agissait de la recherche exigeante et sans exclusion de l’authenticité. Tout d’abord en reconnaissant que la langue n’est pas seulement porteuse de culture, mais qu’elle est elle-même culture aux multiples facettes. On ne dit que si l’on a à dire. Aussi la communication n’était jamais envisagée comme un exercice purement formel et désincarné. Il fallait établir un véritable contact avec des documents directement issus des réalités hispaniques de toutes époques et de tous lieux. Pages de littérature, articles de journaux, œuvres picturales, publicités, photographies de qualité, séquences télévisées ou filmiques. La perception intelligente et émotionnelle donnait sens à la prise de parole. Des champs nouveaux s’offraient ainsi à la découverte. Insistons en particulier sur la place accordée au cinéma qui devait par la suite faire l’objet d’une épreuve au CAPES. Les cassettes consacrées au film de Luis Buñuel Los olvidados en 1991, puis à celui de Víctor Erice El Sur en 1992 complétaient les manuels. Cette recherche d’une parole authentique en classe d’espagnol était soutenue par des livres du professeur denses, écrits en espagnol et qui liaient étroitement connaissance et pédagogie. On ne peut donner à voir et à comprendre que ce que l’on a compris soi-même, telle était l’ambitieuse devise.
Nul doute que cette approche qui invitait à la découverte a contribué à redéfinir la fonction des professeurs d’espagnol et à l’essor de la discipline.
Intransigeant, Robert Basterra se sentait investi d’une mission. Cela conduisit à une fin de carrière dramatique. En 1989, il présidait le jury du CAPES qui, estimant que nombre de candidats n’avaient pas un niveau suffisant, prit la décision de ne pourvoir que 245 des 488 postes mis au concours. Le heurt avec l’autorité de tutelle, qui avait choisi d’augmenter considérablement le nombre de places offertes, était inéluctable. Le 4 septembre, Lionel Jospin, Ministre de l’Éducation nationale à l’époque, déclara à une heure de grande écoute dans l’émission télévisée L’Heure de Vérité qu’il « n'arrivait pas à croire que, en France, des centaines de jeunes passés dans nos universités n'aient pas le niveau minimum en espagnol pour enseigner à nos élèves dans les lycées ». Le verdict était sans appel. De quel côté se trouvait la raison ? Les faits sont là et la question n’a plus sens, mais Robert Basterra, désavoué, mit fin à sa carrière et prit sa retraite dès le mois de janvier 1990.
Un mot sur la personne, pour finir. Robert Basterra pouvait certes être tranchant ; mais je ne compte pas les fois où constatant nos divergences sur un sujet décisif, il m’avait incité à « ferrailler », le terme était le sien, pour essayer de le convaincre de revenir sur son premier jugement. Ce qui s’est produit à plus d’une reprise. C’était un homme d’honneur.
Lauro Capdevila 

A Paris, le samedi 1er février 2020
La SOCIÉTÉ DES HISPANISTES FRANÇAIS
- soucieuse de maintenir un traitement des carrières des enseignant.e.s chercheur.e.s qui soit équitable, impartial et national se prononce contre la disparition d’instances collégiales comme le CNU.
Elle revendique, à l’inverse, un renforcement de ses membres afin de permettre à ce Conseil d’accomplir ses missions.
- soucieuse de maintenir des concours de qualité qui assurent le recrutement d’enseignant.e.s de langue solidement formés dans leurs domaines disciplinaires, se prononce contre le projet de réforme du recrutement des enseignants du secondaire.
Elle revendique, à l’inverse, un maintien des exigences disciplinaires aussi bien dans les formations de Master que dans les épreuves des concours de recrutement, pour des enseignant.e.s légitimes devant leurs classes et capables de répondre aux nouvelles exigences de la réforme des lycées.
- soucieuse de ne pas précariser davantage les docteur.e.s et personnels de l’enseignement supérieur, se prononce contre le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
Elle revendique, à l’inverse, plus de moyens et de personnel qualifié et pérenne, dans les laboratoires et les universités, afin de permettre à tous les enseignant.e.s-chercheur.e.s d’avoir les moyens de mener à bien leurs missions.
Elle souhaite, enfin, que ces dernier.e.s soient associé.e.s à tout projet relatif à l’enseignement supérieur et la recherche.
Elle souscrit en ce sens aux motions déjà présentées par le CNU, les Universités et les Unités de recherche de nos collègues mobilisé.e.s.
Liens vers d'autres motions :
 

 
C’est une des figures les plus singulières de la philologie espagnole qui vient de disparaître en ce début d’année. Né à Saragosse en 1941, Alberto Blecua est mort à Barcelone le 28 janvier 2020. Ici, pour les hispanistes français qui l’ont peu ou mal connu, je m’efforce de faire abstraction de plus d’un demi-siècle d’amitié, pour m’en tenir à une brève évocation de son long et riche parcours professionnel.
Difficile de dire en quelques lignes ce qu’a été son œuvre d’historien et de critique de la littérature, ce qu’a été son apport à l’édition et à l’analyse des textes de ce qu’il est convenu d’appeler le « Siècle d’Or ». Car c’est non seulement un ensemble très impressionnant de travaux qu’il faut prendre en considération, mais une démarche, une approche, une manière à la fois héritée et constamment renouvelée : ce qu’il aurait répugné à appeler une « méthode ». Et pourtant, c’était bien (selon l’étymologie qui lui était chère) un « chemin » suivi avec persévérance dans l’examen circonspect de la transmission des textes, tout en s’abandonnant par ailleurs au plaisir vagabond de la lecture effectuée sans artifice.
Alberto Blecua était un modeste sûr de lui, avec une immense culture classique, une ouverture très européenne et une obstination tout aragonaise. Ces qualités, comme autant de vertus, ont fait de lui – fils d’un grand érudit, unanimement reconnu : don José Manuel Blecua (« Mucho padre », disait-il, « Sobreviví, y creo que bien ») – un enseignant et un chercheur, puis un maître tout à fait à part, rétif aux codes et aux modes du microcosme universitaire.
Alors même qu’il enseignait au lycée, il rédigea et publia une étude de critique textuelle : En el texto de Garcilaso (1970), recherche pionnière et annonciatrice de toute une série de travaux qu’il consacrera aux problèmes de l’édition, depuis son fameux Manual de crítica textual (1983), dénué de tout prurit théoricien, jusqu’à une brève « Defensa e ilustración de la crítica textual » (2009), fondée sur une simple évidence : « Esto es pura lógica, y da igual que lo haya dicho Lachmann […] o cualquier vulgar editor de textos (yo, por ejemplo) ».
Éditeur de textes, Alberto Blecua l’a été très tôt, dès 1969, avec une sélection de livres de chevalerie ou Las seiscientas apotegmas de Juan Rufo, avant de procurer ses grandes éditions de La vida de Lazarillo de Tormes (1974), de Peribáñez / Fuente Ovejuna (1980), du Libro de buen amor (1983) et du Quichotte (2006). En outre, il s’est appliqué à examiner (ou réexaminer) avec la même rigueur philologique de nombreux textes d’auteurs canoniques comme Fray Luis de León, San Juan de la Cruz, Quevedo ou Gracián. Et l’on se gardera bien d’oublier sa passionnante enquête sur la double rédaction de la República literaria de Saavedra Fajardo.
Mais la critique textuelle, dans son travail d’édition ou d’analyse, n’était jamais indifférente à l’histoire littéraire. C’est en cela qu’il était un philologue accompli, pour qui la mise en perspective chronologique est fondamentale. Cette exigence apparaît avec éclat dans le volumineux recueil de travaux qu’il publia en 2006 sous le titre, très significatif, de Signos viejos y nuevos. Estudios de historia literaria. Parmi plusieurs chapitres dans lesquels l’ambition conceptuelle est patente, on retiendra en particulier celui qui est consacré précisément au concept de Siglo de Oro (publié en 2004, mais rédigé pour l’essentiel à l’occasion d’une oposición a cátedra en 1978). Sur un sujet aussi difficile et rebattu, il avait su élaborer une mise au point très documentée et fournir des propositions que l’on n’a pas fini d’exploiter.
Travailleur infatigable, Alberto Blecua ne s’est pas contenté de mûrir, de rédiger et de publier ses propres travaux. Parallèlement, et avec la même constance, il s’est employé à former des générations d’étudiants à l’Université Autónoma de Barcelone (où il a enseigné de 1970 à 2013) et y réunir de nombreux disciples. En outre, il a pris l’initiative de fonder (en 1989) et il a longtemps animé un magnifique groupe de recherche, Prolope, avec un programme dont les membres poursuivent, sans relâche, la réalisation : éditer intégralement (selon la meilleure ecdotique) le théâtre de Lope de Vega, publier une revue, organiser des séminaires et des colloques.
De 1995 à 1999, il a assumé sobrement la présidence de l’Asociación Internacional de Cervantistas. Auparavant, sur le plan des reconnaissances institutionnelles – qui ne semblent pas l’avoir intéressé outre mesure – il avait été élu membre titulaire de la Real Academia de Buenas Letras de Barcelona et membre correspondant de la Real Academia Española. Sans trop de conviction, il a participé à de multiples bureaux, conseils et autres comités.
Alberto Blecua n’était pas un homme de pouvoir. Je me suis souvent demandé comment il avait pu être, pendant trente ans, juré du Premio Planeta (le goût de la lecture, le plaisir de la découverte de nouveaux textes, peut-être…). Désireux avant tout de se tenir à l’écart des conflits, des polémiques et des luttes d’influence, il savait préserver son quant-à-soi. Cela ne l’empêchait pas de cultiver la convivialité, bien au contraire. D’offrir sa bienveillance, et de rechercher celle de ses collègues, de ses disciples, de ses élèves. De rechercher leur amitié, autant que celle des livres, avec lesquels il devait converser en secret, comme Quevedo. Les livres, il les affectionnait au point de vouloir les posséder – dans des éditions rares, si possible. Car c’était un bibliophile impénitent, au point d’être capable de transporter entre Paris et Barcelone, deux par deux, les vingt-huit volumes de l’édition originale de L’Encyclopédie, dont il avait fait l’acquisition rue Saint-Jacques, durant l’année (1989-1990) où il a enseigné à la Sorbonne avant que je n’y prenne réellement mes fonctions.
Mais, à dire vrai, c’était un amoureux de toutes les conversations (Ah ! la tertulia du jeudi, au café Oxford !). Et, aujourd’hui, son incomparable cordialité nous manque sans doute encore plus que son impeccable érudition. Même s’il savait être généreux de l’une aussi bien que de l’autre.
Jean-Pierre ÉTIENVRE
Paris, le 4 février 2020
 

La quatrième table ronde organisée par la SHF s'est tenue le samedi 1er février 2020, au Colegio de España.

Un immense merci à Sophie Large, Camille Back et Lissell Quiroz Pérez pour la réflexion extrêmement ambitieuse et stimulante qu'elles nous ont proposée sur La construction du canon dans l'hispanisme français à partir de l'analyse des programmes des concours de recrutement (CAPES et Agrégation) des cinquante dernières années, de l'étude de la place occupée par la civilisation latino-américaine dans l'hispanisme français et du retour d'expérience de chacune des contributrices. Vous pouvez accéder ici au compte-rendu de cette table ronde.

 

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Agenda

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Appels à communication

Mémoire de l’esclavage colonial dans la péninsule ibérique - 12/11/2020
RECHERCHE VACATAIRES - 31/08/2020
Appel à communication, Colloque « Créativité et émergence iconique : images, histoire, narrations ». Nice, les 10 et 11 décembre 2020 - 01/11/2020
El cine documental como contrapoder - 20/10/2020
Quaina - Numéro 9 spécial. Encuentros y desencuentros - 10/09/2020
MISE EN LIGNE Espaces réels, lignes imaginaires dans les Andes: 16e-21e siècles - 29/09/2020
Amerika n°21 ESCRITURAS DRAMÁTICAS Y ESCÉNICAS DE AMÉRICA LATINA HOY: ¿QUÉ EMANCIPACIONES? - 01/12/2022
Appel à dossiers, contributions CCEC - 12/10/2021
Fragments d’un discours amoureux dans la littérature et le cinéma du monde hispanique - 15/09/2020
Appel à contributions sur le thème « La recherche et le discours scientifique » - 18/09/2020
Colloque international et transdisciplinaire « Amérique latine transfrontalière » (Université Savoie Mont Blanc et Université du Littoral Côte d'Opale) - 20/10/2020
CORRUPCIÓN Y DILEMAS SOBRE JUSTICIA - 28/08/2020
Appel à contribution - revue HispanismeS - 08/07/2021
IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble" - 18/11/2020
Les mondes possibles à l’aube du XXIe siècle : de la théorie littéraire à de nouvelles réalités - 30/09/2020
Redes literarias antifranquistas (1939-75) - 10/10/2020
IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble" - 29/01/2021
Traducir el cante flamenco - 27/09/2020
Traduire le chant flamenco - 27/09/2020
Journée d'études : Capitales enracinées : survivances impériales ibériques dans les capitales américaines (XIXe-XXIe siècles) - 02/10/2020

Congrés, colloques et journées d'étude

09/07/2020 - Mémoire de l’esclavage colonial dans la péninsule ibérique
09/07/2020 - RECHERCHE VACATAIRES
10/07/2020 - Appel à communication, Colloque « Créativité et émergence iconique : images, histoire, narrations ». Nice, les 10 et 11 décembre 2020
10/07/2020 - El cine documental como contrapoder
10/07/2020 - Quaina - Numéro 9 spécial. Encuentros y desencuentros
11/07/2020 - MISE EN LIGNE Espaces réels, lignes imaginaires dans les Andes: 16e-21e siècles
11/07/2020 - Amerika n°21 ESCRITURAS DRAMÁTICAS Y ESCÉNICAS DE AMÉRICA LATINA HOY: ¿QUÉ EMANCIPACIONES?
12/07/2020 - Appel à dossiers, contributions CCEC
12/07/2020 - Fragments d’un discours amoureux dans la littérature et le cinéma du monde hispanique
13/07/2020 - Appel à contributions sur le thème « La recherche et le discours scientifique »
13/07/2020 - Colloque international et transdisciplinaire « Amérique latine transfrontalière » (Université Savoie Mont Blanc et Université du Littoral Côte d'Opale)
14/07/2020 - CORRUPCIÓN Y DILEMAS SOBRE JUSTICIA
15/07/2020 - Appel à contribution - revue HispanismeS
15/07/2020 - IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble"
15/07/2020 - Les mondes possibles à l’aube du XXIe siècle : de la théorie littéraire à de nouvelles réalités
01/08/2020 - Redes literarias antifranquistas (1939-75)
03/08/2020 - IV Congrès Réseau International ALEC "Les Aînés dans le Monde au XXI° siècle. Vivre ensemble"
24/09/2020 - Traducir el cante flamenco
24/09/2020 - Traduire le chant flamenco
02/10/2020 - Journée d'études : Capitales enracinées : survivances impériales ibériques dans les capitales américaines (XIXe-XXIe siècles)

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