Colloque international « Construction et dissolution de la communauté. Pratiques, représentations et théories ». 9-12 Novembre 2021 (en distanciel) Télécharger au format iCal
 
La communauté est l’une des notions les plus discutées de nos jours au sein les sciences humaines et sociales. Il est difficilement concevable qu’un champ disciplinaire puisse renoncer à donner sa propredéfinition de la communauté, ne serait-ce qu’implicitement. Ces définitions, différentes par leurs contenus et leurs visées, outre qu’historiquement conditionnées, reflètent notamment les débats méthodologiques et théoriques qui habitent chaque discipline, mais pas seulement. En effet, cette diversité tient certes aux données et aux modes argumentatifs utilisés pour étayer et promouvoir chacune de ces définitions, mais également à l’ensemble des présupposés absolus qui les soutiennent ; habituellement, ceux-ci ne sont pas ouvertement explicités, de sorte qu’ils surdéterminent et conforment ces définitions, le plus souvent de manière inconsciente. Les présupposés absolus sont les éléments nodaux, constitutifs et incontestés des systèmes de valeurs, croyances et conventions propres à chaque période historique. Naturellement, il s’agit d’un phénomène qui va bien au-delà d’enjeux théoriques seuls. Les présupposés absolus qui sous-tendent toute théorie sont également opératoires, si ce n’est plus, dans toute pratique. Les communautés historiques concrètes ont été construites ou détruites par l’action de groupes ou d’individus soutenant ou promouvant différents systèmes de valeurs, lesquels donnent sens et informent leur action politique et sociale.  
            C’est ainsi qu’un territoire unifié, des espérances et des objectifs et partagés, une histoire commune voire l’homogénéité ethnique ou linguistique – pour ne mentionner que quelques-unes des notions le plus souvent mobilisées – peuvent se présenter comme des éléments constitutifs évidents de toute communauté, éléments dont l’absence ou le défaut déboucherait sur l’impossibilité de construire ou de conserver une communauté. Toutefois, les contenus spécifiques de ces notions, de même que leurs effets pratiques et politiques, restent dans bien des cas implicites, ne font l’objet direct d’aucune analyse, ni même d’explicitation significative. L’ombre dans laquelle ces présupposés sont laissés conduit inévitablement à l’incapacité à réduire la distance qui sépare les différentes perspectives ou positions divergentes ; une incapacité qui exacerbe les conflits et empêche la formation d’un vrai consensus en vue de l’action sociale et politique. C’est pourquoi la perspective proposée vise à mettre en évidence les relations entre pratiques sociales antagoniques et leurs présupposés absolus dans le cadre de la communauté. Ce cadre, tout aussi conceptuel que pratique, puisqu’y opèrent des théories et des pratiques qui prétendent réunir ou diviser les groupes humains, est à même, nous semble-t-il, d’offrir une perspective privilégiée pour aborder certains parmi les problèmes cruciaux de notre époque. 
            Le présent colloque a donc pour objet l’analyse et la critique des présupposés absolus qui soutiennent et que véhiculent les pratiques, les représentations et les théorisations de la communauté. L’objectif n’est pas de construire une nouvelle définition atemporelle de la communauté. Il s’agit, au contraire, d’appréhender la communauté en partant des usages effectifs et historiques du cadre qu’elle fournit, usages qui ont jeté les bases de la construction ou de la dissolution de communautés données. À cet effet, trois axes de recherches seront privilégiés :    
 
1) La communauté pratiquée   
Seront attendues des études de cas concrets de construction ou dissolution de communautés, notamment celles qui mettront en lumière les conventions et croyances qui surdéterminent l’action des agents historiques (individuels ou collectifs) en présence. Par exemple, l’analyse des pratiques d’exclusion/inclusion de communautés politiques, et en quoi ces pratiques caractérisent la communauté censée être produite, conservée ou détruite par ces pratiques.  
 
2) La communauté représentée
Les représentations artistiques ou symboliques sont également porteuses d’une conception de la communauté, que ce soit sous la forme de possibilités imaginées, de critique sociale ou de propagande. Il s’agit donc d’appréhender les usages pratiques et politiques des représentations de la communauté dans des contextes spécifiques, en vue d’élucider les systèmes de croyances que promeuvent ou combattent ces représentations.  
 
3) La communauté théorisée
L’analyse de la théorisation de la communauté pourra être abordée à travers l’étude d’œuvres ou d’auteurs donnés, ou encore de mouvements intellectuels. Seront particulièrement appréciés les travaux qui s’attacheront à élucider aussi bien les présupposés absolus véhiculés par les théorisations proposées que les liens et connexions qu’elles entretiennent avec la réalité historique sur laquelle elles visent à influer.
 
 
Modalités de contribution : 
 
Les propositions de communication de 300 mots maximum (incluant le titre et les mots clé), accompagnées dune brève présentation de l’auteur, devront être adressées au plus tard le 11 mai 2021aux adresses suivantes : 
 
Réponse aux participants retenus : fin mai 2021
 
Toutes les communications (25 minutes) se dérouleront en visioconférence. 
Langues du colloque : anglais, espagnol, français italien, portugais
 
À l’issue du colloque, seront communiquées les modalités de publication d’une sélection des communications
Lieu en distanciel
Contact Dorothee CHOUITEM (Université Paris Sorbonne / CRIMIC), Rodrigo DIAZ MALDONADO (Aix-Marseille Université / CAER),
https://caer.univ-amu.fr/2021/02/14/cfp-construction-et-dissolution-de-la-communaute-on-line-9-12-novembre-2021/

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